Histoire & Lieux

SON HISTOIRE


Le bâtiment actuel du Théâtre est le résultat de trois constructions successives, dont deux rénovations. La dernière rénovation, confiée à l'architecte Jean Nouvel, a projeté le théâtre à l'avant scène en le désignant comme l'un des travaux architecturaux les plus significatifs
des années 80. A travers la démarche de Jean Nouvel se lit toute l'histoire du Granit.

PREMIER THÉÂTRE 1878-1929

A l'origine, les représentations étaient données dans l'une des salles de l'Hôtel de Ville. La Municipalité décide, en 1877, d'édifier "hors les murs", sur la promenade des Capucins, le Nouveau Théâtre. Mr Fleury de la Hussinière est chargé de la construction et le théâtre sera inauguré en décembre 1878. Le bâtiment se constitue alors d'un volume simple et épuré. Le théâtre servira aussi bien pour les réunions publiques, les bals que pour les représentations de spectacles. Le premier avant-projet de rénovation par la municipalité vit le jour en 1907. Des aménagements des plus fabuleux furent alors imaginés, notamment le projet Umbdenstock.

PREMIÈRE RÉNOVATION 1932

Le projet de rénovation fut confié à un architecte parisien, Monsieur Hirsch, et le premier coup de pioche fut donné en 1929 pour ouvrir ses portes en 1932. Tout l'intérieur du théâtre fut démoli pour faire le nu complet entre les murs du pourtour. La façade principale a été réalisée à cette époque. Elle reprend le langage académique néo-renaissance. Les vestiges du premier théâtre furent gardés, soit la façade du faubourg de Montbéliard, dont les arcades furent transformées à cette occasion en boutiques, et la façade arrière.

LE PROJET JEAN NOUVEL 1983

Cinquante ans plus tard, la municipalité entreprendra en 1979 une nouvelle rénovation de ce théâtre confiée au célèbre architecte Jean Nouvel. Celui-ci est immédiatement frappé par le mélange très détonnant de plusieurs styles. Beaucoup d'éléments sont de qualité, l'ensemble restant toutefois très hétéroclite et ne permettant pas de voir la vie agir à l’intérieur.

UNE FACADE TOURNEE VERS LA VILLE

Jean Nouvel décide alors d’ouvrir le théâtre sur la ville : pour cela il coupe net les bâtiments annexes venus se coller au cours des années sur la façade le long de la Savoureuse, et il vitre cette coupure, laissant ainsi apparaître la transparence de l'intérieur du Théâtre. La volonté de créer un rapport entre le théâtre, les citoyens et la ville est essentielle : un lien visuel est suggéré vers la Maison des Arts et le Château. Le théâtre se tourne vers la Savoureuse et crée un nouveau lien. Le projet de Jean Nouvel est au départ un projet urbain. Une architecture originale va naître de ce postulat. La coupure vitrée est renforcée par la mise en place d'une résille métallique qui symbolise le plan de coupe. Les murs et les planchers coupés sont hachurés par un dessin à la peinture bleue, à la manière d'un dessin technique. Autre postulat de base, Jean Nouvel opte pour un contraste absolu entre la partie ancienne du théâtre et la partie nouvelle qu'il crée et conçoit entièrement. D'un côté tout est or, laque et velours, de l'autre ce sont des craquelures, des fissures voulues, des traces d’anciennes cloisons ou encore du béton brut télescopant les vieux murs. La façade principale sera, quant à elle, laissée intacte soulignant sa beauté.

LE GRRRANIT EN 2020 : DES LIEUX DE CREATION et de DIFFUSION

LA GRRRANDE SALLE DU THEATRE

Jauge : 527 places. Elle a été étudiée et restaurée en se référant à la théâtralité du siècle dernier, tout en étant dotée d'un appareillage scénographique moderne. "Une riche palette de coloris vient souligner son organisation : les balcons sont peints en vert, les murs en rouge bordeaux et les pilastres autour de la scène d'un rouge plus clair." L'auteur de ce magnifique tableau est le coloriste Gary Glaser. "Ce lieu de la festivité retrouvée scintille grâce à la curieuse verrière art-déco recouverte d'un fin grillage et aux éclats dorés" (AMC revue d'architecture mai 1983). La grande salle vert et rouge a été reconstruite en 1932. Sa décoration reprend le langage des années 30 : formes massives, galbes, horizontalités affirmées par des jeux de cannelures et de lignes ... Une série de fresques à la gloire de Belfort fut également réalisée. On peut encore voir les cartouches au-dessus de l'avant-scène qui représentent :"La Comtesse de la Suze et le galant Duc de Würtenberg" par Philippe Le Molt ou encore "Le Poète Léon Deubel, place du Carrousel" par Léon Delarbre.

LA GALERRRIE ARTS VISUELS & NUMERIQUES

Les locaux de la Galerrrie reflètent les traces du temps et les nombreux axes nouveaux nés de l'intervention de Jean Nouvel. Les anciennes arcades dans la salle d'exposition deviennent des vestiges assumés et de magnifiques et imposants éléments décoratifs. Elles sont les traces spectaculaires d'éléments passés, générant de nouvelles formes. Ici, elles donnent naissance aux arcades dessinant le bas de la façade vitrée sur le quai. Face à la rivière la Savoureuse, elles génèrent la boite de verre qui vient chercher le visiteur sur la place du théâtre. Dans le café, les hublots engravés dans le mur du fond témoignent des traces de fenêtres rondes de la façade de l'ancienne caserne des pompiers.

LA MAISON DU PEUPLE – à 10 mn du théâtre

Jauge : 867 places (+ 24 strapontins + 8 PMR). La "Maison du Peuple", commanditée par la Ville de Belfort, a été réalisée selon des plans conçus en 1928 par l'architecte Paul Giroud. Elle se trouve devant une vaste Esplanade, réalisée par le même architecte, entourée d'immeubles à vocation sociale, et constituant un ensemble homogène. L'édifice accueillait à l'origine la "Bourse du travail", l'office de placement, une bibliothèque, des salles de réunion et de spectacle. La frise avec ses bas-reliefs est de style "Art déco". La structure de l'édifice est en béton armé. La Maison du Peuple et son esplanade sont labellisées Patrimoine du XXe siècle. De nos jours l'édifice est toujours occupé par une salle de spectacle gérée par la Ville de Belfort.

LA COOPÉRRRATIVE – à 5mn du théâtre

Jauge : 120 places. Depuis 1991, la scène nationale le Granit s'est engagée dans une politique de production active, privilégiant la création théâtrale contemporaine et le soutien aux artistes. L'ouverture en novembre 1993 par le Granit de la salle de répétition "La Coopérative", un équipement unique en France, accentue ce parti-pris. Elle permet l'accueil jour et nuit de metteurs en scène, comédiens, chorégraphes, musiciens, circassiens, artistes de rue en résidence à Belfort, le temps des répétitions et de la création…

LA GRRROTTE du GRRRANIT

Jauge : 50 personnes. Nichée sous le Hall d’accueil du Public, la Grrrotte est une salle de représentatiuon et de diffusion de films et de projets numériques qui permet des spectacles, des conférences, des ateliers, bref, tout plein de choses. Elle surprend par son intimité et son acoustique. C’est un trésor caché du Grrranit, qui se révèlera bientôt à toutes et tous.

LA SALLE DE DANSE

Cette salle au 3ème étage du théâtre résume parfaitement les thèmes explorés par le projet de Jean Nouvel : ouverture sur la ville, contrastes entre les matériaux (le chaud et le doux du parquet en bois/le froid et le dur des murs laissés à l'état brut), contrastes entre nouveau et ancien, décalages volontaires. La tension créée par ces contrastes fait prendre à l'espace, pourtant simple, un sens particulier et riche. Il est traité comme un volume à double hauteur avec mezzanine, entièrement orienté vers le Lion de Belfort, visible depuis ses grandes verrières, donnant vue sur la Citadelle qui surplombe le centre-ville de Belfort. Le traitement des parois a été confié à François Seigneur et à Pierre Martin. "Chaque paroi est différenciée : l'une est peinte en trame abstraite où se trouve répétée l'image du théâtre dans son ancien état, appliquée grâce à un tampon géant ; l'autre est dénudée pour avouer la nature composite du mur du théâtre. Ce sont craquelures, fissures, traces d'anciennes cloisons ou béton brut télescopant les vieux murs." (AMC revue d'architecture mai 1983). On ne sait plus ce qui relève de l'art ou de la vétusté affirmée et voulue. Graffitis, peintures écaillées ou cloquées, tranchées dessinées et laissées sur les murs et les plafonds par les cloisons démolies, murs à nu tels des écorchés, le théâtre est une générosité ouverte qui nous révèle toute son histoire.

LE GRAND FUMOIRRR – derrière l’orchestre

C’est ici que se retrouvaient les spectateurs lors des entractes et qu’ils se retrouvent toujours. Le Grand Fumoir a été aménagé lors de la première restructuration. De cette époque, nous sont parvenues les grandes toiles qui ornementent les murs. Illustrations de scène de théâtre, elles représentent : "Hamlet hésite à tuer Claudius" de Bersier, "La scène du puits de Pelléas et Mélisande" de Lecaron, et « le Misanthrope » de Molière, ainsi que des masques de la Comédie et de la Tragédie, qui se retrouvent également sur les façades extérieures. Les couleurs du Grand Fumoir sont émouvantes : « Verts évanescents, bandes dorées, grenats épais écrasés sur les murs, tons diaprés, rouges mordorés, tachetures, teintes veloutées ou fraîches se répondent dans une splendeur réjouissante, presque cosmique, qui éclate en une apothéose dans les turqueries du grand foyer remis à neuf. Les pilastres y sont d'un bleu abyssal, turbulent, semé de miettes de feuilles d'or qui y scintillent comme dans une nuit d'opéra. Entre les allégories peintes, de grands miroirs renvoient le reflet des marbrures et du faux velum du plafond. Le cuir des vieux canapés art-déco a été bariolé de curieux moirages, évoquant de magiques dissections aux saveurs d'huîtres vertes." (AMC revue d'architecture mai 1983).

UN SECRRRET

Il existe aussi un magnifique Petit Fumoirrr… niché tout la haut au niveau du « Paradis », il est un petit bijou doré avec des miroirs et une belle verrière arts déco, et donne sur le toit surplombant la ville… Mais chut, c’est un secret…