Muses algorithmiques
Nouvelles perspectives narratives

Cette exposition s’est construite dans une communauté de pensée avec notre projet européen Open Access. Elle propose une réflexion sur ce qu’induit le numérique et la généralisation des outils issus de l’histoire de la cybernétique1 dans le champ des pratiques des arts visuels. Particulièrement l’usage qui en est fait dans la perspective de nouvelles formes narratives.

Galerrrie du Grrranit
Du jeu 19 Nov au sam 16 Jan

Catégorie : Expositions
Lieu : Galerrrie du Grrranit
Durée :
Type : Entrée libre

Muses algorithmiques
Nouvelles perspectives narratives

Avec et par : Donatien Aubert, Olivier Bémer, Emilie Brout et Maxime Marion, Cindy Coutant, Disnovation.org, Sylvie Fanchon, Fleuryfontaine, Thierry Fournier, Helen Knowles, Antoine Schmitt

Vernissage le jeudi 19 novembre 2020 à 18h00

Cette exposition s’est construite dans une communauté de pensée avec notre projet européen Open Access. Elle propose une réflexion sur ce qu’induit le numérique et la généralisation des outils issus de l’histoire de la cybernétique1 dans le champ des pratiques des arts visuels. Particulièrement l’usage qui en est fait dans la perspective de nouvelles formes narratives.

Le médium serait-il le message comme l’énonçait Mc Luhan* ? Les processus qui régissent les outils numériques sont des normes qui s’imposent aux artistes qui les utilisent en tentant de trouver des failles qui leur permettent de les détourner et de les questionner. La généralisation du numérique pourrait bien être le retour du langage par rapport au réel, laissant place à une langue programmatique et formelle, celle des algorithmes2.

Les questionnements autour de ses outils interpellent notre être au monde numérique. Une forme de pensée découle de ce langage écrit par certains et appliquée à tous (une présence diffuse et impalpable). Cela implique un regard critique et circonspect sur les potentialités de ces nouvelles muses dont nous sommes de plus en plus les sujets.

Un algorithme qui crée de nouveaux concepts artistiques avec les derniers titres des médias : enfin une manière de prédire de nouvelles tendances, au plus proche des questions de notre temps ! Une certaine poésie peut en émerger, mais c’est également une critique par l’absurde d’un marché en perpétuel recherche de nouveautés. La création de ces outils a une histoire. La cybernétique apparait en 1948 et déjà l’on détournait des découvertes militaires pour des usages plus pacifiques. On délègue de plus en plus aux algorithmes notre mémoire, ils compilent, assemblent et parfois, ils produisent à notre place. Comment les artistes les détournent pour en critiquer leur usage ? Quel dialogue improbable naîtrait de la rencontre d’un chanteur mort depuis 40 ans et d’un chatbot, une intelligence artificielle ? Ces objets parfois nous interpellent et brisent peut-être un peu notre solitude d’humain 2.0 dans d’étranges conversations. Ces intelligences nous observent et semblent renverser notre rapport de spectateur. Elles compilent des données sur nos actions dans la vie réel et sur les réseaux, aurait-elle en plus des états d’âmes ? Sont-elles responsables des actions pour lesquelles nous les avons programmés ? Autant de problématiques qui, au cours du dernier siècle ont été développées par les auteurs de sciences-fictions. Tendraient-elles, aujourd’hui, à l’heure du storytelling3 généralisé, à devenir des réalités ?

[*] Marshall Mc Luhan (1911 – 1980), professeur de littérature anglaise et théoricien de la communication canadien, il est un des fondateurs des études contemporaines sur les médias

  1. Cybernétique, terme popularisé en 1948 par le mathématicien Norbert Wiener, il désigne la science des analogies maîtrisées entre organismes et machines.
  2. Algorithme, objets dédiés à la résolution de problèmes arithmétiques. Ils ont été formalisés avec l’avènement de la logique mathématique et l’émergence des ordinateurs qui permettent de les mettre en œuvre.
  3. Storytelling, mise en récit ou accroche narrative. Méthode de communication fondée sur une structure narrative du discours qui s’apparente à celle des contes, des récits. Son emploi en communication politique est controversé.

 

LES JEUDIS C’EST GALERRRIE !

(Entrée libre sur réservation – Grrrotte du GRRRANIT SN)

  • 12 novembre 2020 – 18h

Rencontre / projection : A Truly Shared Love (2018 – 2020) de Émilie Brout & Maxime Marion.
Film d’amour au temps des normes de Shutterstock (plateforme de vente d’images et vidéos formatée).

  • 10 décembre 2020 – 18h

Rencontre / projection : Ange (2019) de Fleuryfontaine.
Vidéo issue des échanges entre les artistes et un « hikikomori » (jeune personne, choisissant de ne pas sortir de son domicile pendant plusieurs mois voire plusieurs années).

  • 17 décembre 2020 – 18h

Conférence performance : Numer-Locus (2016) de Donatien Aubert.
Programme 3D interactif permettant d’explorer cinq chambres organisées selon les règles des arts de la mémoire et portant sur l’histoire des techniques de représentation tridimensionnelle.

  • 14 janvier 2021 – 18h

Rencontre / projection : Nina et les robots (2020) de Cindy Coutant.
Opéra de 18’’ issu d’une partition algorithmique confrontant des corps respirants, femme et machine. La respiration et le chant dilatent les organes exposés au désir (déconseillé – 18 ans).

LA GALERRRIE, À TABLE !

03 décembre 2020 – 12h15 – Galerrrie du GRRRANIT SN
(Réservation obligatoire : 5€/personne pour le repas)

 

L’ART EN DÉBAT : L’ART À L’HEURE DES ENJEUX DU NUMÉRIQUE ET DE L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE

Jeudi 07 janvier – 18h00

Table ronde avec des chercheurs et artistes actifs dans le champ des arts numériques et transmédia.
(Entrée libre sur réservation)

Avec et par : Donatien Aubert, Olivier Bémer, Emilie Brout et Maxime Marion, Cindy Coutant, Disnovation.org, Sylvie Fanchon, Fleuryfontaine, Thierry Fournier, Helen Knowles, Antoine Schmitt.

© Photographie : Donatien Aubert