Jeudi c'est Galerrrie: "Numer-Locus"

Conférence / performance : Numer-Locus (2016) de Donatien Aubert. Programme 3D interactif permettant d’explorer cinq chambres organisées selon les règles des arts de la mémoire et portant sur l’histoire des techniques de représentation tridimensionnelle.

GRRRANIT SN / en ligne: YouTube
jeu 21 Jan

Catégorie : Galerie, Performance, Rencontres
Lieu : GRRRANIT SN / en ligne: YouTube
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Jeudi c'est Galerrrie: "Numer-Locus"

Donatien Aubert est artiste, chercheur et auteur. Après avoir accompli ses principales études à l’École Nationale Supérieure d’Arts de Paris-Cergy (DNSEP obtenu avec les félicitations du jury — 2014), il a été membre du programme Spatial Media du Laboratoire de l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs (EnsadLab), spécialisé dans la conception d’environnements 3D interactifs, immersifs et partagés. En 2019, il a obtenu un diplôme de doctorat en littérature comparée de la Faculté des Lettres de Sorbonne Université. Sa thèse, écrite au sein du Labex OBVIL, traite de la réactualisation des arts de la mémoire (des techniques antiques de spatialisation des connaissances) dans le domaine des interactions homme-machine.

Conférence / performance : Numer-Locus (2016) de Donatien Aubert. Programme 3D interactif permettant d’explorer cinq chambres organisées selon les règles des arts de la mémoire et portant sur l’histoire des techniques de représentation tridimensionnelle.

Chaque salle renvoie à un moment clé du développement des techniques de représentation tridimensionnelle.

Elles ont les intitulés suivants : « Ars memoriae au Trecento » ; « XVe et XVIe, vers une perception mathématisée » ; « Au XIXe, la mécanisation des techniques de capture spatiale » ; « Les premiers développements de l’infographie » ; « Vers une architecture numérique » (salle renvoyant aux transformations des techniques de sémantisation spatiale impliquées par la démocratisation des techniques de conception assistée par ordinateur).

L’application, développée avec Blender et Unity, existe en trois versions : une première conçue pour être montrée durant des conférences que nous présentons au GRRRANIT SN (le projet a été présenté au Palais de Tokyo et à la Fondation Hugot du Collège de France en 2016) ; une autre où un texte, variant pour chaque chambre, accompagne l’interactant, celui-ci restant libre de ses déplacements, dans la limite des frontières définies par la simulation ; enfin une dernière, en réalité virtuelle, selon un parcours précalculé, augmenté d’un accompagnement musical.

Différents objets sont disposés dans les salles, édifiées selon des codes architecturaux propres aux époques dont proviennent les artefacts qu’elles renferment. Quand l’utilisateur les approche, il déclenche l’apparition automatique d’images d’archives légendées, leur correspondant. La décompression de la surcouche informationnelle (le surgissement des images d’archives) rappelle la scansion des imagines agentes, compulsées par les praticiens de la mémoire artificielle. Ce dispositif est l’occasion de souligner, en faisant remonter la transcription plastique des arts de la mémoire aux débuts des représentations en perspective, qu’ils garantirent en Europe l’avènement d’un nouveau régime scopique : la visualisation, qui repose sur la représentation d’un double, d’un fantôme isomorphique intérieur, imaginaire, le régime scopique privilégié de la modernité.

© Donatien Aubert, Numer Locus